Hôpital : grève de la pénibilité
Les médecins baissent les gardes
Pour une prise en compte de la pénibilité du travail de nuit, les hospitaliers sont en grève.
Mutuelles : coup de rabot ou de sabot ?
Taxe sur les conventions d’assurance
C’est plus qu’un coup de rabot sur une niche fiscale, mais un coup de sabot aux adhérents des mutuelles de santé.
Les cantines en conseil de discipline
Les frites mises au coin dès la rentrée
Des fruits, des légumes, des crudités, du poisson obligatoirement au menu. Est-ce que c’est vraiment malin ?
Dengue : Bachelot ne s’affole pas…
Mais les antillais aimeraient qu’elle s’inquiète !
La Ministre a-t-elle tiré les leçons de la grippe A ? En tout cas, la dengue ne la rend pas folle d’angoisse.
Affaire Bettencourt : les médecins malgré eux ?
La farce ne fait pas rire le Président de l’Ordre.
Le Pr Gilles Brücker peut-il à la fois être le médecin majeur de Mme Bettencourt et son exécuteur testamentaire ?
Montignac : les limites de la méthode
Décès du créateur du célèbre régime
Michel Montignac, auteur de la célèbre méthode d’amaigrissement, est mort à l’âge de 66 ans.
H1N1 : de la grippe à la narcolepsie?
Une histoire à dormir debout
Des cas de narcolepsie, la « maladie du sommeil » seraient dus au vaccin H1N1. Décidément…
Estrosi : pas de médicaments sur le Net
Le ministre s’attaque à la contrefaçon
Le Ministre de l’Industrie s’est déclaré prêt à saisir la justice contre certains sites français.
Allergies médicamenteuses : ça vient de sortir
Des virus « dormants » en seraient responsables
Ce n’est pas contre le médicament que l’organisme déclenche des réactions allergiques !
Tabac: tel est prix
le coût n'est pas la solution




Malgré un paquet à plus de 6 euros, le tabagisme a cessé de régresser. Pourquoi?

Cela fait 25 ans que le 31 mai a été sacré « Journée Mondiale sans tabac » par l’Organisation Mondiale de la Santé. On ne voudrait pas rabâcher mais, généralement, lorsqu’une date du calendrier est consacrée répétitivement à un problème de société… c’est que celui-ci n’est pas près d’être réglé.

Le tabagisme en est la parfaite illustration. Depuis 1976, date des premières lois françaises initiées par Simone Veil – et des premières campagnes nationales de prévention – le même message d’abstinence tourne en boucle sur les écrans hexagonaux. Qu’il soit exprimé avec humour ou avec emphase, il n’a finalement jamais atteint son but : 60 000 morts encore comptabilisées en 2011. En 36 ans de campagnes et de législations restrictives, on ne peut pas appeler cela une réussite…

36 ans que les grands manitous de l’éducation pour la santé s’épuisent en stratégies de communication pour dévaloriser l’image sociale du fumeur. 36 ans que des présidents d’associations monomaniaques enjoignent aux gouvernements successifs de durcir les lois et de faire flamber les prix du tabac.

La vraie, la grande leçon que nous donne l’échec cuisant de la prévention du tabagisme, c’est celle de l’irrationalité des comportements humains. Exemple : il y a tout juste un an, à la veille de la même journée sans tabac, des millions d’entre nous avaient boycotté le concombre par crainte de l’Escherichia coli et des 14 morts recensées de l’autre côté du Rhin.

Ceux-là même qui avaient prudemment cessé de goûter à d’innocentes cucurbitacées en l’espace de 24 heures n’avaient pas pensé une seconde à arrêter de consommer un produit qui tue à terme un fumeur sur deux. Cette évidence très cartésienne d’un tabac serial killer peut-elle enfin devenir un argument ? Non.

 Non parce que, lorsque l’on a 13 ans, fumer une « garo » avec les copains à la sortie du collège demeure un moment de convivialité symbolique et répond à la nécessité du rite d’accès au monde des plus grands.

Non parce que l’image de la « femme libérée » du bien brave Cookie Dingler, au milieu des années quatre-vingt, reste étroitement attachée à celle de la cigarette, alors même que le risque de décès par cancer du poumon féminin a été multiplié par 4 en 15 ans.

Non, parce que la cigarette est un dérivatif assez puissant pour qu’aujourd’hui, 50% des chômeurs soient aussi des fumeurs [vs 29% dans la population générale].

Le prix moyen du paquet de cigarettes a allègrement dépassé 6 euros sans que la baisse du nombre de fumeurs soit significative depuis 10 ans. Cerise sur un gâteau déjà aigre, une cigarette fumée sur cinq est vendue hors du circuit légal et représente désormais un manque à gagner fiscal de plusieurs centaines de millions d’euros [sur 13,5 milliards d’accises encaissées annuellement].

Marisol Touraine, Ministre en charge de la Santé, va probablement devoir nous expliquer jeudi que l’augmentation des taxes sur le tabac [d’ailleurs inscrite au budget du précédent gouvernement et prévue pour cet été] constitue un impératif de santé publique et fiscale.

Tout le monde fera semblant de la croire en se donnant rendez-vous au 31 mai 2013. D’ici là, on aura le temps de réfléchir à ce sage précepte de prévention, digne de Lao Tseu : « on ne supprime facilement que ce que l’on remplace aisément ». Par quoi remplacer le tabac ?