Confidentialité : l’Ordre s’inquiète
Secret médical ou de Polichinelle ?
Le Conseil Régional d’Ile-de-France de l’Ordre des Médecins organise « la Journée de la Confidentialité »
Travail : plus de maladies, moins d’accidents
Les troubles musculo-squelettiques en pointe
50 700 maladies professionnelles en 2010 vs 660 000 accidents
Mutuelles : fiscalité progressive
Le Gouvernement passe de la pommade
L’Europe considère que les exonérations fiscales existantes pour les mutuelles sont des aides d’Etat.
Le sport français cherche de l’argent…
… Pour faire vivre sa fondation
Une Fondation vient de voir le jour pour permettre de fédérer les initiatives nées au sein du milieu sportif.
Sida : stop à la contamination ?
Un objectif très réaliste
Pour la 1ère fois depuis 1988, la Journée Mondiale du Sida est vraiment porteuse d’espoir.
Temps scolaire : on verra après
Priorité aux Présidentielles
Luc Chatel a décidé de ne rien décider avant les élections. Trop de risques d’agitation.
Bars à sourire : ils n’amusent pas les dentistes
La profession montre les dents
La prolifération des boutiques de blanchiment des dents amène les dentistes à montrer les leurs.
Cancer du col : vaccination sans restriction
Recommandation renouvelée
Le Haut Conseil de la Santé Publique recommande la poursuite de la vaccination contre le cancer du col.
Prothèses mammaires : la polémique enfle
Information judiciaire ouverte
Le parquet de Versailles a ouvert une information judiciaire dans l’affaire des prothèses mammaires PIP.
Tabac: tel est prix
le coût n'est pas la solution




Malgré un paquet à plus de 6 euros, le tabagisme a cessé de régresser. Pourquoi?

Cela fait 25 ans que le 31 mai a été sacré « Journée Mondiale sans tabac » par l’Organisation Mondiale de la Santé. On ne voudrait pas rabâcher mais, généralement, lorsqu’une date du calendrier est consacrée répétitivement à un problème de société… c’est que celui-ci n’est pas près d’être réglé.

Le tabagisme en est la parfaite illustration. Depuis 1976, date des premières lois françaises initiées par Simone Veil – et des premières campagnes nationales de prévention – le même message d’abstinence tourne en boucle sur les écrans hexagonaux. Qu’il soit exprimé avec humour ou avec emphase, il n’a finalement jamais atteint son but : 60 000 morts encore comptabilisées en 2011. En 36 ans de campagnes et de législations restrictives, on ne peut pas appeler cela une réussite…

36 ans que les grands manitous de l’éducation pour la santé s’épuisent en stratégies de communication pour dévaloriser l’image sociale du fumeur. 36 ans que des présidents d’associations monomaniaques enjoignent aux gouvernements successifs de durcir les lois et de faire flamber les prix du tabac.

La vraie, la grande leçon que nous donne l’échec cuisant de la prévention du tabagisme, c’est celle de l’irrationalité des comportements humains. Exemple : il y a tout juste un an, à la veille de la même journée sans tabac, des millions d’entre nous avaient boycotté le concombre par crainte de l’Escherichia coli et des 14 morts recensées de l’autre côté du Rhin.

Ceux-là même qui avaient prudemment cessé de goûter à d’innocentes cucurbitacées en l’espace de 24 heures n’avaient pas pensé une seconde à arrêter de consommer un produit qui tue à terme un fumeur sur deux. Cette évidence très cartésienne d’un tabac serial killer peut-elle enfin devenir un argument ? Non.

 Non parce que, lorsque l’on a 13 ans, fumer une « garo » avec les copains à la sortie du collège demeure un moment de convivialité symbolique et répond à la nécessité du rite d’accès au monde des plus grands.

Non parce que l’image de la « femme libérée » du bien brave Cookie Dingler, au milieu des années quatre-vingt, reste étroitement attachée à celle de la cigarette, alors même que le risque de décès par cancer du poumon féminin a été multiplié par 4 en 15 ans.

Non, parce que la cigarette est un dérivatif assez puissant pour qu’aujourd’hui, 50% des chômeurs soient aussi des fumeurs [vs 29% dans la population générale].

Le prix moyen du paquet de cigarettes a allègrement dépassé 6 euros sans que la baisse du nombre de fumeurs soit significative depuis 10 ans. Cerise sur un gâteau déjà aigre, une cigarette fumée sur cinq est vendue hors du circuit légal et représente désormais un manque à gagner fiscal de plusieurs centaines de millions d’euros [sur 13,5 milliards d’accises encaissées annuellement].

Marisol Touraine, Ministre en charge de la Santé, va probablement devoir nous expliquer jeudi que l’augmentation des taxes sur le tabac [d’ailleurs inscrite au budget du précédent gouvernement et prévue pour cet été] constitue un impératif de santé publique et fiscale.

Tout le monde fera semblant de la croire en se donnant rendez-vous au 31 mai 2013. D’ici là, on aura le temps de réfléchir à ce sage précepte de prévention, digne de Lao Tseu : « on ne supprime facilement que ce que l’on remplace aisément ». Par quoi remplacer le tabac ?

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