Chirurgie esthétique : business model
Croissance de 10% en 2012
S’il y a une médecine qui ne connaît pas la crise, c’est bien la médecine esthétique
Gérard Bapt en veut au Planning
Le Planning familial est-il vendu aux labos ?
Le député Gérard Bapt fait feu de tout bois. Il accuse le Planning familial de servir la soupe aux labos
Maitre Coubris, avocat anti-labos
Mediator, PIP, Diane 35 : collector
Peut-on se spécialiser dans la défense des usagers contre les labos ? Et pourquoi pas… ?
Pharmacie virtuelle : colère réelle
Mobilisation terrestre
Désormais, la vente des médicaments accessibles sans prescription est autorisée sur le Net. Ca râle
Etudes médicales : rien ne change
La 1ère année toujours couperet
La réforme des études médicales a instauré une « 1ère année commune des études de santé ». Rien n’y fait
Honoraires médicaux : rien n’est réglé
Les syndicats crient au loup
Les conditions d’application de l’accord achoppent sur les modalités des dépassements
Nanoparticules : gros dangers ?
Le Congrès de pneumologie s’interroge
Quel est le degré d’implication des nanoparticules dans l’apparition ou l’aggravation des pathologies pulmonaires ?
Bronchiolite : Mea culpa de Prescrire
La kiné respiratoire réhabilitée
Prescrire revient sur la place de la kiné respiratoire dans le traitement de la bronchiolite
Cancer : la prévention n’a pas la cote
70% des Français n’y croient pas
Selon un sondage IPSOS/Fondation ARC, 70% d’entre nous ne font rien pour réduire les risques
Tabac: tel est prix
le coût n'est pas la solution




Malgré un paquet à plus de 6 euros, le tabagisme a cessé de régresser. Pourquoi?

Cela fait 25 ans que le 31 mai a été sacré « Journée Mondiale sans tabac » par l’Organisation Mondiale de la Santé. On ne voudrait pas rabâcher mais, généralement, lorsqu’une date du calendrier est consacrée répétitivement à un problème de société… c’est que celui-ci n’est pas près d’être réglé.

Le tabagisme en est la parfaite illustration. Depuis 1976, date des premières lois françaises initiées par Simone Veil – et des premières campagnes nationales de prévention – le même message d’abstinence tourne en boucle sur les écrans hexagonaux. Qu’il soit exprimé avec humour ou avec emphase, il n’a finalement jamais atteint son but : 60 000 morts encore comptabilisées en 2011. En 36 ans de campagnes et de législations restrictives, on ne peut pas appeler cela une réussite…

36 ans que les grands manitous de l’éducation pour la santé s’épuisent en stratégies de communication pour dévaloriser l’image sociale du fumeur. 36 ans que des présidents d’associations monomaniaques enjoignent aux gouvernements successifs de durcir les lois et de faire flamber les prix du tabac.

La vraie, la grande leçon que nous donne l’échec cuisant de la prévention du tabagisme, c’est celle de l’irrationalité des comportements humains. Exemple : il y a tout juste un an, à la veille de la même journée sans tabac, des millions d’entre nous avaient boycotté le concombre par crainte de l’Escherichia coli et des 14 morts recensées de l’autre côté du Rhin.

Ceux-là même qui avaient prudemment cessé de goûter à d’innocentes cucurbitacées en l’espace de 24 heures n’avaient pas pensé une seconde à arrêter de consommer un produit qui tue à terme un fumeur sur deux. Cette évidence très cartésienne d’un tabac serial killer peut-elle enfin devenir un argument ? Non.

 Non parce que, lorsque l’on a 13 ans, fumer une « garo » avec les copains à la sortie du collège demeure un moment de convivialité symbolique et répond à la nécessité du rite d’accès au monde des plus grands.

Non parce que l’image de la « femme libérée » du bien brave Cookie Dingler, au milieu des années quatre-vingt, reste étroitement attachée à celle de la cigarette, alors même que le risque de décès par cancer du poumon féminin a été multiplié par 4 en 15 ans.

Non, parce que la cigarette est un dérivatif assez puissant pour qu’aujourd’hui, 50% des chômeurs soient aussi des fumeurs [vs 29% dans la population générale].

Le prix moyen du paquet de cigarettes a allègrement dépassé 6 euros sans que la baisse du nombre de fumeurs soit significative depuis 10 ans. Cerise sur un gâteau déjà aigre, une cigarette fumée sur cinq est vendue hors du circuit légal et représente désormais un manque à gagner fiscal de plusieurs centaines de millions d’euros [sur 13,5 milliards d’accises encaissées annuellement].

Marisol Touraine, Ministre en charge de la Santé, va probablement devoir nous expliquer jeudi que l’augmentation des taxes sur le tabac [d’ailleurs inscrite au budget du précédent gouvernement et prévue pour cet été] constitue un impératif de santé publique et fiscale.

Tout le monde fera semblant de la croire en se donnant rendez-vous au 31 mai 2013. D’ici là, on aura le temps de réfléchir à ce sage précepte de prévention, digne de Lao Tseu : « on ne supprime facilement que ce que l’on remplace aisément ». Par quoi remplacer le tabac ?

/>