Loi Santé : 1/ le tiers payant
Fin de l’avance des frais
C’était une promesse de campagne du candidat Hollande. Promesse tenue. Dans la douleur…
Loi Santé : 2/ mesures antitabac
Paquet neutre et interdictions nouvelles
Le paquet neutre a beaucoup focalisé l’attention mais d’autres mesures, franchement répressives, l’accompagnent
Loi Santé : 3/ l’IVG facilitée
Suppression du délai de réflexion
Jusqu’ici, 2 consultations médicales espacées d’une semaine étaient nécessaires avant de pratiquer une IVG
Loi Santé : 4/ « Salles de shoot »
La prévention marque 1 point
Les « salles de consommation de drogue à moindre risque » vont pouvoir être expérimentées
Loi Santé : 5/ Droit à l’oubli
Normalisation pour les ex-malades du cancer
Les ex-malades pourront contracter des emprunts dans des conditions normales
Loi Sante : 6/ Open data santé
Accès autorisé aux données publiques de santé
On pourra désormais accéder à plus de données publiques. Mais pas n’importe comment et pas n’importe qui
Loi Santé : 7/Dons d’organes
Désormais, le consentement sera présumé
Les familles seront « informées » et pas « consultées »
Loi Sante : 8/ Instauration de la class action
Des actions de groupe en cas de litiges médicaux
Objectif : limiter les procédures individuelles et obtenir des réparations plus conséquentes
Loi Santé: 9/ Lutte contre l’anorexie
Amendement fashion victims ?
L’amendement voté dans le cadre de la loi protège d’abord les mannequins
Il n'est pire sourd...
Dépistage précoce ou non?




Le dépistage précoce de la surdité continue de susciter la polémique.

Lundi a débuté la 9ème édition de la Semaine du Son. Semaine originale à bien des égards, dont le moindre n’est sans doute pas sa durée puisqu’elle s’achèvera le 29 janvier. Une semaine de 14 jours, cela n’est pas commun.

Parrainée cette année par Jacques Attali – qui, on le sait, aime autant se faire entendre que se faire voir – cette manifestation a pour objectif de sensibiliser un large public à l’importance de notre environnement sonore et, entre autres thématiques, d’aborder les conséquences économiques et sociales de la malentendance.

Il s’agit d’une série d’événements de grande qualité, réunissant des intervenants de haut vol, qui permettra de rappeler que l’audition est notre premier sens fonctionnel, un capital précieux à faire fructifier, mais aussi à préserver des agressions.

Cette Semaine du Son prend pourtant place dans un contexte politico-sanitaire assez étrange qui pourrait bien dessiner un arrière-plan polémique auquel ses promoteurs ne s’attendaient probablement pas.

Une proposition de loi, visant à instaurer un dépistage néonatal systématique de la surdité, vient en effet d’être retoquée pour la deuxième fois par le Conseil Constitutionnel après avoir été rejetée par le Sénat en novembre dernier.

Pour les partisans du dépistage, scandalisés par cette décision, un argument devrait s’imposer avec logique : une surdité sévère ou profonde repérée dès la naissance permet la pause rapide d’un implant cochléaire et une chance d’assimilation d’autant plus précoce dans un environnement « normal ».

Tout le monde n’est pas favorable à cette démarche, loin s’en faut. Pour ses adversaires – hormis les insupportables évocations du coût de la mesure dans le budget de la Sécu – il s’agit de préserver une véritable culture qui, au-delà même de la langue, la Langue des Signes, est infiniment plus vivante et fine que bon nombre de folklores régionaux pourtant davantage respectés.

Or, qui dit dépistage précoce de la surdité dit également implant cochléaire dans la quasi-totalité des cas et donc, inéluctablement, disparition à court terme de cette société sans son pourtant très communicante.

80 000 personnes seulement pratiquent aujourd’hui la Langue des Signes Française [LSF]. Sans doute trop peu pour que nous en percevions la richesse et concevions même qu’il ne s’agit nullement d’un palliatif à notre langue parlée.

Ces personnes, on les qualifie de handicapées… elles se proclament sourdes. Et cela vaut sans doute la peine d’entendre la différence.