Paquets neutres: c'est pour l'an prochain
Un rajout prévu au plan Santé
Le projet de loi Santé ne les prévoyait pas mais les paquets neutres feront l'objet d'un amendement
Fin de vie: ça commence
Le Parlement entame l'étude du projet de loi
Les médecins s'inquiètent des interprétations de la notion de sédation
Vaccinations obligatoires: le procès qui fera date
Des parents saisissent le Conseil Constitutionnel
Un couple jugé pour refus de vaccination sur ses enfants a saisi le Conseil Constitutionnel
RSI: le ras-le-bol des indépendants
Leur sécu ne tourne pas rond
Le régime de protection sociale des indépendants accumule les dysfonctionnements du système
Ocytocine, aussitôt fin
L'hormone de l'amour fait maigrir les hommes
L'ocytocine ne fait pas seulement fondre d'amour. Elle ferait aussi fondre la graisse des hommes
Journée de l'audition: l'oreille en coin
Les jeunes n'écoutent rien
MP3 à fond la caisse, concerts à côté des baffles... ça craint pour leurs oreilles
Sucres: l'OMS stop
Il faut réduire les rations de sucres cachés
L'OMS a publié de nouvelles recommandations visant à faire baisser la consommation de sucre
La paracétamol est-il dangereux?
Ou sont-ce plutôt les études mal comprises?
Une étude britannique a mis en évidence des effets secondaires graves liés au paracétamol. Du calme !
Ebola: a-t-on tiré les leçons de la crise?
Les industriels au coeur de l'après-crise
L'urgence a amené les sociétés de biotechnologies et les entreprises du médicament à accélérer leurs travaux
PIP : retrait pour tout le monde
30 000 femmes concernées




Principe de précaution ou principe du parapluie ? Le gouvernement décide l’explantation des prothèses.

L’affaire des prothèses mammaires PIP est, au regard des grands scandales sanitaires tels que le sang contaminé, l’hormone de croissance ou la vache folle, une sorte d’anecdote. Elle est en revanche exemplaire si on la replace dans la perspective de l’application du désormais fameux « principe de précaution ».

Inscrit dans la constitution depuis février 2005, notre principe de précaution national était déjà une originalité [seuls l’Allemagne et le Brésil l’ont également porté au plus haut niveau de la norme  juridique] mais l’affaire des implants au gel de silicone frelaté est en passe de s’imposer comme une exception mondiale.

Alors qu’aucun risque grave pour la santé  - notamment de cancer - n’a été démontré sur la planète en cas de rupture ou de suintement des implants, le Ministre français de la Santé décide la prise en charge par l’Assurance Maladie du retrait des prothèses incriminées. 30 000 femmes sont concernées et devront repasser sur la table d’opération ; 60 millions d’euros au bas mot sont engagés.

Après tout, que la France fasse cavalier seul dans le domaine de la protection sociale, où sa performance a longtemps été présentée comme un modèle, pourrait être un sujet légitime de fierté.

Pourtant, il n’en est rien et des voix s’élèvent même pour mettre fermement en cause cette décision.  Force est d’ailleurs de constater que les arguments critiques  invoqués ne manquent pas de poids.

Alors que le Comité d’experts français, réuni en urgence le 22 décembre, a conclu clairement que le lien soupçonné entre les implants PIP et la survenue de cancers ne peut être établi, la décision logique aurait été  de conseiller une surveillance renforcée des femmes concernées. Une position choisie par la totalité des pays concernés sur les cinq continents (84% des 100 000 prothèses produites chaque année par PIP étaient vendues à l’étranger).

On peut gloser  à l’infini sur les niveaux respectifs de traumatismes psychologiques générés, en cas de non-opération, par la conscience d’avoir un corps étranger défectueux dans l’organisme et, en cas d’explantation, par la perte d’une image positive de soi [la Sécurité sociale ne prendra évidemment en charge que le retrait des prothèses PIP, pas la pose de nouveaux implants]. On ne peut en revanche pas nier que, médicalement, la mobilisation générale du dispositif sanitaire ne s’imposait pas.

Alors,  signe de courage ou, au contraire, preuve de couardise politique ? Stricte application d’une obligation constitutionnelle, le principe de précaution,  ou triste illustration d’une posture politicienne, le principe du parapluie ?