Euthanasie : exceptionnelle en France
L’INED publie une enquête sur la fin de vie
L’euthanasie « active » concernerait moins de 1% des décès.
Budget de la Sécu : c’est voté
+2,7% de dépenses programmées
L’Assemblée a voté le projet de loi de financement de la Sécurité sociale que le Sénat avait rejeté.
Téléthon 2012 : 86 millions à battre
Le 26ème téléthon, c’est pour ce week-end
Parrainé cette année par Franck Dubosc, la 26ème édition du Téléthon sera-t-elle un nouveau succès ?
Les médecins plus souvent condamnés
Mais pas d’explosion du nombre d’affaires
L’assureur MACSF vient de présenter son dernier rapport sur le risque médical
Réseaux de soins : c’est oui
Les députés ont voté pour
Les députés ont autorisé mercredi dernier l’extension des réseaux de soins mutualistes.
Cigarettes : paquets neutres en Australie
Les attributs des marques disparaissent
Depuis le 1er décembre, les 15% de fumeurs australiens achètent des paquets de cigarettes uniformes
Rhume : l’ordonnance nous pend au nez
Les décongestionnants sur la sellette
La Commission Nationale de Pharmacovigilance veut revenir sur la vente libre des médicaments anti-rhume…
Ethylotests : dans les pharmacies, mais trop tard
Les pharmaciens peuvent en vendre…
Alors que l’éthylotest ne sera finalement pas obligatoire, les pharmacies obtiennent le droit d’en vendre.
Alzheimer : plus tôt chez les femmes
Mais plus vite chez les hommes
Si la maladie d’Alzheimer apparaît plus précocement chez les femmes, elle est plus rapide chez l’homme.
PIP : retrait pour tout le monde
30 000 femmes concernées




Principe de précaution ou principe du parapluie ? Le gouvernement décide l’explantation des prothèses.

L’affaire des prothèses mammaires PIP est, au regard des grands scandales sanitaires tels que le sang contaminé, l’hormone de croissance ou la vache folle, une sorte d’anecdote. Elle est en revanche exemplaire si on la replace dans la perspective de l’application du désormais fameux « principe de précaution ».

Inscrit dans la constitution depuis février 2005, notre principe de précaution national était déjà une originalité [seuls l’Allemagne et le Brésil l’ont également porté au plus haut niveau de la norme  juridique] mais l’affaire des implants au gel de silicone frelaté est en passe de s’imposer comme une exception mondiale.

Alors qu’aucun risque grave pour la santé  - notamment de cancer - n’a été démontré sur la planète en cas de rupture ou de suintement des implants, le Ministre français de la Santé décide la prise en charge par l’Assurance Maladie du retrait des prothèses incriminées. 30 000 femmes sont concernées et devront repasser sur la table d’opération ; 60 millions d’euros au bas mot sont engagés.

Après tout, que la France fasse cavalier seul dans le domaine de la protection sociale, où sa performance a longtemps été présentée comme un modèle, pourrait être un sujet légitime de fierté.

Pourtant, il n’en est rien et des voix s’élèvent même pour mettre fermement en cause cette décision.  Force est d’ailleurs de constater que les arguments critiques  invoqués ne manquent pas de poids.

Alors que le Comité d’experts français, réuni en urgence le 22 décembre, a conclu clairement que le lien soupçonné entre les implants PIP et la survenue de cancers ne peut être établi, la décision logique aurait été  de conseiller une surveillance renforcée des femmes concernées. Une position choisie par la totalité des pays concernés sur les cinq continents (84% des 100 000 prothèses produites chaque année par PIP étaient vendues à l’étranger).

On peut gloser  à l’infini sur les niveaux respectifs de traumatismes psychologiques générés, en cas de non-opération, par la conscience d’avoir un corps étranger défectueux dans l’organisme et, en cas d’explantation, par la perte d’une image positive de soi [la Sécurité sociale ne prendra évidemment en charge que le retrait des prothèses PIP, pas la pose de nouveaux implants]. On ne peut en revanche pas nier que, médicalement, la mobilisation générale du dispositif sanitaire ne s’imposait pas.

Alors,  signe de courage ou, au contraire, preuve de couardise politique ? Stricte application d’une obligation constitutionnelle, le principe de précaution,  ou triste illustration d’une posture politicienne, le principe du parapluie ?