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Le 1er Ministre a cédé sans lutter aux sirènes sécuritaires de sa majorité en désavouant Roselyne Bachelot.

Il n’y aura ni expérimentation, ni même débat sur les « centres de consommation supervisée » destinés à permettre aux toxicomanes de s’injecter leur drogue dans des conditions d’hygiène acceptables.

L’objectif recherché dans l’ouverture de ces centres dans 4 villes françaises était de mesurer le bénéfice d’une prévention active, non pas dans la diminution de la toxicomanie, mais dans la transmission des hépatites et du VIH.

Matignon a estimé que les « salles de shoot » (comme les ont qualifiées certains députés de la majorité) n’étaient « ni utiles ni souhaitables ».

Rappelons que la proposition de la Ministre de la Santé faisait suite à un rapport de l’Inserm, favorable à la mise en place d’un tel dispositif (8 pays européens l’ont expérimenté avec succès).

Les mesures destinées à lutter contre les dégâts collatéraux de la toxicomanie ont toujours fait l’objet de critiques en règle de la part des députés de la famille politique de la Ministre. Deux de ses prédécesseurs en avaient fait les frais : en 1987, Michèle Barzach avait autorisé sous les insultes la vente libre de seringues et, en 1994, Simone Veil avait eu l’outrecuidance de légaliser la distribution de produits de substitution.

On a parfois l’impression que la prévention en matière de santé recule d’année en année face au principe de précaution politique.

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