Grippe A : B comme bilan
Ou F comme fiasco ?




Mauvaise préparation, mauvaise stratégie, équipe démotivée… ça ne vous rappelle rien ?

En cette période de préparation aux grands départs, il y a comme une vague de bilans et de prises de rendez-vous de rentrée qui déferle.

Sur la vague, la grippe A - H1N1 dont on commence seulement à tirer les enseignements sanitaires, financiers et politiques.

Sur le plan sanitaire, c’est même un peu la bousculade.

Hier jeudi, l’INSERM a réuni un aréopage d’experts et de chercheurs de grande qualité, présentant les premiers enseignements de leurs travaux depuis un an et les perspectives que ceux-ci pouvaient offrir pour mieux gérer la réalité pandémique.

Mardi prochain, ce sera au tour de l’INVS de faire un point très complet sur les aspects épidémiologiques et virologiques de l’épidémie, 3 mois après l’annonce officielle de son extinction.

Sur le plan financier, les comptes officiels font état d’une perte sèche de 700 millions d’euros, dus aux dépenses de vaccins non- utilisés, aux millions de masques de protection aujourd’hui inefficaces, à la mobilisation/réquisition de milliers de personnels de santé, de salles communales, aux actions et outils de communication, etc, etc, etc…

Sur le plan politique, la gestion de la campagne de prévention de la grippe A est considérée comme un fiasco absolu et pas seulement en raison du faible nombre de personnes vaccinées (moins de 6 millions).

Roselyne Bachelot, entendue par la commission d’enquête parlementaire, campe sur ses convictions avec autant d’obstination devant l’échec que celle qu’elle reprochait quelques minutes auparavant à Raymond Domenech. Le Directeur Général de la Santé, Didier Houssin, estime pour sa part, devant la même commission d’enquête, que la population française ne s’est pas montrée assez inquiète, craignant peut-être davantage le vaccin que la grippe.

Bref, on a beaucoup glosé en son temps sur le « responsable mais pas coupable » de Georgina Dufoix.

Aujourd’hui, la mode est au « ni responsable, ni coupable ». C’est sans doute cela le principe de précaution politique…