Utilisé comme pesticide contre un charançon qui s'attaque aux bananiers, le chlordécone a été utilisé massivement en Martinique et en Guadeloupe entre 1973 et 1993.
Il s’agit pourtant de l’un des premiers perturbateurs endocriniens à avoir été étudié dans le monde et l’on sait depuis belle lurette que cette famille de produits interagit avec les cancers hormonodépendants, comme celui de la prostate ou du sein.
Une étude épidémiologique, publiée en ligne par le Journal of Clinical Oncology, conclut que «l'exposition au chlordécone augmente de manière significative le risque de cancer de la prostate.»
Le pesticide, utilisé dans les bananeraies durant 20 ans, avait pourtant été interdit dès 1976 aux États-Unis et, en1979, le Centre international contre le cancer l'avait déjà classé comme potentiellement cancérigène pour l'homme.
Lancé en 2008 un « plan chlordécone » vise à limiter la contamination des populations par la voie alimentaire. En effet, le pesticide est toujours présent dans l'eau et persistant dans les sols. Selon des chercheurs de l’INRA, il pourrait d’ailleurs l’être jusqu’en 2700 !
Apparemment, le principe de précaution est un régime qui ne s'applique pas aux bananes.