Ce qui est formidable avec les experts, c'est qu'ils parviennent à affirmer une chose et son contraire avec la même morgue inconsciente.
Après la brillante démonstration offerte par la grippe A-H1N1, passée du rang de fléau planétaire à celui de grippette insignifiante, c'est au tour du rôle de notre alimentation dans la prévention des cancers de devenir l'enjeu dérisoire d'une gué-guerre des chefs.
Le psychiatre David Servan-Schreiber atteignait à peine le statut envié de gourou nutritionnel à grands coups de plans-media que le cancérologue David Khayat lui vole aujourd'hui dans les plumes en mettant en doute à peu près tout ce que son illustre confrère affirme en matière de prévention des cancers.
Les fruits et légumes, alpha et oméga 3 de notre alimentation préventive? Que nenni : piège à pesticides et rôle de figuration dans le dispositif anti-cancer. La viande rouge, à éviter le plus possible? Billevsées: il suffit de la cuire correctement! Le poisson, source bienfaitrice d'Omégas3? N'importe quoi: réservoir à métaux lourds en tout genre. Un verre de vin par jour au maximum? Allez, allez, poussons jusqu'à 3 verrres pour mieux profiter du resvératrol...
La pertinence des conseils de prévention n'a d'égale que la cohérence de ceux qui les prodiguent...